Gestalt dans le monde

16 décembre 2019

Gratitude

Visuel du livre de

Charles Juliet témoigne dans son journal d’un cheminement « intérieur » (n’est-il qu’ intérieur, au fond ?) dont l’aboutissement correspond de façon troublante à celui d’une démarche psychothérapeutique longue et approfondie.

«  J’ai maintenant une claire vision des premières années de mon parcours, et je sais que la crise par laquelle je suis passé n’avait pas son origine dans un quelconque désordre psychologique. D’ailleurs, ma vie toute lisse s’inscrivait dans la plus stricte normalité, et à l’exception de quelques rares moments, je pense n’avoir jamais perdu mon bon sens, jamais perdu de vue ce qu’intuitivement je cherchais. Mais cette crise entraîne forcément de graves perturbations. Elle résulte du chamboulement provoqué par la nécessité de jeter bas l’être ancien et de faire naître celui qui doit advenir.

Cette naissance ne peut se produire que si l’on parvient à se rendre libre (…) de tout ce qui entrave et enferme, de tout ce qui empêche d’être pleinement soi-même. Bien sûr, cette liberté qui se conquiert par un travail opiniâtre et exigeant n’est jamais totale. Du moins faut-il chercher à s’en approcher autant qu’il est possible.

Bien des êtres n’ont qu’une conception erronée de la liberté. Ils pensent qu’être libre consiste à se soustraire à certaines règles, à certaines obligations, certaines contraintes. Il ne s’agit pas de cela. Etre libre, c’est n’être plus soumis à ce qui trop souvent nous détermine, c’est pouvoir penser par soi-même. »

Charles Juliet, Gratitude. Journal IX 2004-2008, P.O.L, 2017, p.187-188